On a visité l’endroit le plus cyberpunk de Montréal
Notre rédaction a sorti ses plus beaux atours cyberpunk — lunettes augmentées, sangles utilitaires et posture de mercenaire urbain — pour aller vivre l’expérience Neotokyo sur l’avenue Viger. Ici, on ne fait pas que visiter un commerce : on change de dimension.
Dès l’entrée, le décor impose sa loi. Néons agressifs, enseignes en caractères asiatiques, métal brut, béton apparent. Le regard est happé par une succession d’écrans lumineux qui surplombent le comptoir, comme dans un marché nocturne futuriste. On se croirait vraiment dans un bar de Cyberpunk 2077, entre deux contrats douteux et une mission secondaire qui s’éternise.
« Neotokyo joue pleinement la carte du commerce expérientiel. Le lieu ne cherche pas seulement à attirer : il immerge. »
Les détails font toute la différence. Les tabourets rouges alignés comme dans un diner rétrofuturiste, l’éclairage vert acide sous le bar, les textures industrielles volontairement froides. Même une cabine téléphonique personnalisée — relique technologique devenue objet culte — participe à la narration. Tout ici raconte un futur saturé de signaux, où l’humain et la machine cohabitent sans vraiment se comprendre.

Neotokyo joue pleinement la carte du commerce expérientiel. Le lieu ne cherche pas seulement à attirer : il immerge. Le visiteur devient un personnage. On pose, on observe, on se met en scène. La frontière entre consommation, culture pop et performance visuelle s’efface progressivement.
Mais derrière l’esthétique spectaculaire se cache un clin d’œil plus subtil. En reproduisant les codes du cyberpunk (mégapoles denses, technologies omniprésentes, nostalgie du futur), Neotokyo agit comme un miroir. Celui d’un imaginaire qui n’est peut-être plus si éloigné de notre réalité.
À Montréal, ville laboratoire des tendances culturelles, Neotokyo s’impose comme un décor vivant, un espace hybride où le commerce devient récit. On en ressort avec une certitude : le futur n’est pas toujours propre… mais il est résolument photogénique.
Et dans l’assiette ?

Cela dit, l’immersion a ses limites, et elles se font sentir dans l’assiette. Sans être décevante, la cuisine ne cherche visiblement pas à rivaliser avec l’audace du décor. Le poulet karaage et les takoyaki au poulpe remplissent leur rôle, sans rien d’extra en bouche. Ici, le commerce mise avant tout sur le décor, l’esthétique et le sentiment d’évasion pour justifier des prix qui s’appuient davantage sur l’expérience globale que sur une proposition gastronomique marquante. Un choix assumé, qui rappelle que Neotokyo se vit d’abord avec les yeux — et l’imaginaire — avant de se savourer pleinement.
