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A l’ère de l’IA : débloquez votre créativité !

CultureE-AIintelligence artificielle

Auteur(e)

  • Marie Walsh est chroniqueuse pour Culturemania, conseillère en développement des compétences et créativité, artiste professionelle, et membre RAAV, UDA et UNEQ.

Depuis l’avènement de l’intelligence artificielle, la préoccupation dominante tourne autour d’une principale question : quelles compétences devons-nous développer pour utiliser l’IA efficacement? L’IA est sur toutes les lèvres, pas surprenant que les organisations investissent dans des formations, des conférences et qu’elles s’interrogent sur les politiques d’adoption : l’IA est l’outil à apprivoiser.

Par ailleurs, on omet dans ce discours une question que je trouve beaucoup plus importante : Comment devons-nous penser le développement humain à l’ère de l’IA? Autrement dit, quelles compétences humaines devons-nous maintenant mettre de l’avant?

Heureusement, la question ne date pas d’hier. Des pistes émergent déjà, notamment du côté de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui a identifié les compétences dites « transformatrices » à l’horizon 2030. Et surprise — ou pas — la créativité arrive en tête de liste. Cette même créativité, que l’on associe trop souvent à l’enfance, que l’on relègue à la retraite. Éventuellement, on en parlera au travail. Pas encore tout à fait, certes — 2030 n’est pas demain matin — mais la trajectoire est claire. Et elle s’accélère.

« La standardisation, la peur de se tromper, la valorisation de la bonne réponse au détriment de la bonne question : tout cela conditionne les individus à se conformer, bien avant d’intégrer le marché du travail. »

Pourtant, dans les milieux de travail, la créativité est souvent étouffée, ce qui transparait dans de petites réactions du quotidien. Quand on garde une idée pour soi par peur qu’elle soit jugée trop étrange, trop floue ou pas assez aboutie. Quand on reste figé devant un problème parce qu’aucune solution connue ne fonctionne. Quand on rejette vite une initiative parce qu’on ne peut en prévoir les résultats. Quand on répète les mêmes façons de faire parce qu’elles sont les plus sécurisantes. On appelle souvent ces moments prudence, efficacité, réalisme ou manque de temps. Mais, bien souvent, ils révèlent autre chose : une créativité bloquée par la peur de se tromper, d’échouer, d’être jugé ou d’avancer dans l’inconnu.

Et ce phénomène ne commence pas dans les milieux de travail. Ken Robinson, chercheur britannique reconnu pour ses travaux sur la créativité et l’éducation, l’a démontré avec clarté : nos systèmes scolaires étouffent la créativité dès l’enfance. Ses recherches révèlent que les jeunes enfants font preuve d’une créativité extraordinaire, mais que cette capacité diminue significativement au fil des années d’école. La standardisation, la peur de se tromper, la valorisation de la bonne réponse au détriment de la bonne question : tout cela conditionne les individus à se conformer, bien avant d’intégrer le marché du travail.

C’est précisément là que réside l’urgence. À l’heure où l’IA prend en charge les tâches routinières et analytiques, la créativité humaine n’est plus optionnelle, elle devient notre alliée la plus précieuse. Débloquer la créativité, c’est donc un impératif stratégique. Cela exige de repenser nos cultures d’entreprise, d’accepter l’expérimentation, de tolérer l’échec, et de créer des espaces où les idées peuvent circuler librement.

L’IA ne nous remplacera pas si nous cultivons ce qu’elle ne peut pas faire. En un mot : cultivez votre créativité au travail.

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