« MAKAYA » de Wesli : un vibrant album, qui fait voyager entre Haïti et l’Afrique
Le 15 mai prochain, l’artiste Wesli investira la scène du Théâtre Plaza à Montréal, accompagné de son groupe et de plusieurs musiciens invités, pour dévoiler « MAKAYA », son septième album, lors d’un lancement qui promet de « déplacer de l’air ». Une œuvre qualifiable de « sans-faute », tant par la richesse de ses mélodies que par la diversité des atmosphères chaudes qu’elle déploie.
Parmi mes morceaux préférés
« Ayayay » et « Lanmou ak konbit lakay » retiennent particulièrement mon attention : le premier pour son énergie communicative, parfaite pour commencer la journée du bon pied, le second pour l’intensité qu’il dégage, portée par la voix éraillée de Wesli sur des accords plus dramatiques.
L’ensemble de l’album
C’est au croisement des continents, des mémoires et des héritages que MAKAYA nous entraîne d’Haïti jusqu’à l’Afrique, à la rencontre d’une diaspora vivante, vibrant au son de l’artiste montréalais d’origine haïtienne. La promesse : 24 titres festifs, passant par des rythmes électro, des mélodies chantées et très entraînantes, des claquements de mains et tambours, tantôt du banjo, de l’accordéon et même du piano jazzy, qui font dialoguer racines, résistance et modernité. La chaleur des voix, organiques et habitées, sublimée par des percussions variées, parvient à étoffer jusqu’aux pièces les moins instrumentalisées de l’album.
« La promesse : 24 titres festifs (…) qui font dialoguer racines, résistance et modernité (…) La chaleur des voix, organiques et habitées, sublimée par des percussions variées, parvient à étoffer jusqu’aux pièces les moins instrumentalisées de l’album. »
Se voulant à la fois un hommage aux ancêtres, ancré dans l’histoire et la spiritualité du peuple haïtien, l’album se présente aussi comme une fête, porteuse d’espoir et célébrant la vie.
« À travers cet album, je veux rappeler au peuple haïtien et à sa diaspora que nos racines sont une lumière qui éclaire le chemin de l’avenir. Notre culture n’est pas un poids, mais une boussole qui nous guide », d’illustrer Wesli.
« (…) je veux rappeler au peuple haïtien et à sa diaspora que nos racines sont une lumière qui éclaire le chemin de l’avenir. »
En kikongo, makaya signifie « feuille », un symbole sacré du vodou ancestral associé à la guérison, à la purification et au renouveau. Malgré les siècles de colonisation et les tentatives d’effacement, ces traditions ont perduré, continuant de vibrer à travers les chants, les rythmes du rara et les rituels vaudou.
Les chants en yoruba, mina, fon et éwé, préservés dans les lakous vaudou en Haïti comme Lakou Kongo, Lakou Dahomé ou Lakou Soukri, témoignent de la richesse de cet héritage profondément enraciné dans l’identité haïtienne. Ils portent la mémoire des peuples Igbo, Congos, Aladas, Nagos, Yorubas et Dahomés.
Inspiré du nom d’un massif montagneux du sud d’Haïti, et réalisé par des artistes tels qu’Afrotronix, Erol Josué, BIC Tizon Dife, Tamara Suffren, Sika Valme, Ilam ou encore Meryem Saci, MAKAYA rend hommage aux premiers marrons, figures de résistance et de liberté qui ont mené la lutte vers l’indépendance. À travers cet album, Wesli fait dialoguer ces héritages, entre Afrique et Caraïbes, dans une œuvre à la fois enracinée et résolument vivante.

BRAVO WESLI LOUISSAINT 💯 👏 👏 🇭🇹 🇭🇹 🇭🇹
HAITI EST FIERE DE VOUS .