E-AI 2026 : une vision axée sur l’audace, l’action et l’inclusion
L’édition 2026 d’Entertain-AI (EA) arrive à grand pas. Et si vous passiez de l’autre côté de l’écran pour découvrir comment l’IA transforme réellement vos produits culturels? Les enjeux pour les métiers dans le secteur? Les mouvements émergents et les créations de la relève? Culturemania vous emmène dans les coulisses de l’événement où créateurs, curieux et experts se retroussent les manches pour mettre l’humain au cœur de l’innovation.
À une semaine d’E-AI, qui aura lieu les 18 et 19 février au Palais des congrès de Montréal, Culturemania rencontre deux piliers de son conseil d’administration pour connaître les grandes orientations qui guideront les échanges et actions au sein de sa communauté : le président, Wemba Opota, également responsable de l’IA pour Capgemini Canada, passionné par le théâtre et les arts, et Brigitte Monneau, forte de 30 ans d’expérience dans les industries créatives et experte en droit d’auteur. Ensemble, ils dessinent les contours d’un événement qui se veut le pont indispensable entre la technologie et la création.
Donner l’exemple
« De base, dans l’ADN de l’intelligence artificielle, il y a la créativité », lance Wemba Opota. Pour le président du conseil d’administration du plus important Sommet sur la question au Québec, s’il est un milieu appelé à donner l’exemple, c’est bien celui des arts : historiquement à l’avant-garde, souvent à l’origine des grands mouvements progressistes. Dès lors, pourquoi ne pas faire de ce point de rencontre montréalais une véritable plaque tournante, appelée à rayonner bien au-delà de ses frontières et à s’exporter comme rendez-vous mondial incontournable? L’enjeu relève, selon lui, d’une responsabilité collective. « Si Montréal et le Canada n’occupent pas cette place, c’est une forme de non-assistance à planète et à humanité en danger. Nous avons l’obligation d’engager cette réflexion », ajoute-t-il.
« De base, dans l’ADN de l’intelligence artificielle, il y a la créativité »
L’un des objectifs fondamentaux d’Entertain-AI est de réconcilier les communautés créatives et technologiques. Brigitte Monneau souligne que si l’IA a d’abord été perçue comme une menace pour les droits d’auteur, l’événement vise à créer un forum pour instaurer un dialogue respectueux et montrer qu’une cohabitation est possible. Wemba Opota renforce cette idée en affirmant que l’IA est intrinsèquement créative et que Montréal, avec ses fleurons comme Moment Factory ou le Cirque du Soleil, a l’obligation d’occuper une place de leader mondial dans cette réflexion. Il voit le Canada comme une « troisième voie » entre la réglementation européenne stricte et l’approche américaine axée sur l’innovation.
2026 : « On se retrousse les manches »
Pour l’édition 2026, le thème central est l’action : « On se retrousse les manches » (ou Make it real). L’idée est de passer de la théorie à la démonstration concrète à travers quatre grandes thématiques :
- Humain x Machine
Ce que la machine ne peut égaler chez l’humain et ce qu’elle vient amplifier.
Quelle place reste-t-il à l’humain dans des mondes de plus en plus artificiels ? - Métiers x Mutations
Ce que l’IA redessine dans les chaînes de valeur : hybridation des métiers créatifs et reconfiguration des savoirs.
Jusqu’où peut-on réinventer son métier, sans perdre sa signature ? - Maîtriser x Détourner
Ce que lâcher la maîtrise libère : l’accident, le chaos, la surprise.
Est-ce qu’il est possible de maîtriser l’IA tout en cultivant sa liberté créative ? - Cadres x Libertés
Ce que l’IA nous invite à questionner : les biais, l’éthique, la souveraineté, les droits et l’impact culturel.
Quels choix l’IA nous impose déjà, et quels sont ceux que nous pouvons encore faire ?
Une accessibilité et une inclusion « by design »
L’inclusion est au cœur de la stratégie du conseil d’administration. Wemba Opota explique que l’événement refuse d’être une rencontre réservée à une élite. Cela se traduit par plusieurs choix : la tarification inclusive déclinée en une grille de quatre prix différents pour assurer l’accessibilité à tous, y compris aux artistes émergents, une diversité géographique, et plusieurs délégations de France, de Belgique, d’Espagne, des Pays-Bas et du Royaume-Uni. « Et pourquoi pas, un jour, une délégation venant d’Afrique pour une prochaine édition? », suggère Wemba Opota.
On comptera également un volet formatif enrichi, via des collaborations comme celle avec L’inis pour présenter des bilans concrets sur la formation des nouveaux praticiens de l’IA. Brigitte Monneau souligne l’importance d’adapter l’enseignement pour éviter de former des « futurs chômeurs » qui ignorent les outils actuels. Un risque à considérer dans les milieux académiques, où l’on a encore trop peur d’embrasser les vertues de l’IA bien encadrée, faute de structures et de moyens pour y arriver.
On a une délégation belge qui est même pan-européenne (avec des délégués espagnols, néerlandais, belges et du Royaume-Uni). On a aussi deux délégations françaises de plus de 20 personnes.
L’interaction humaine comme moteur
L’événement 2026 mise sur l’interactivité avec plusieurs formats de salles, notamment pour montrer des réalisations d’envergure, des ateliers (classes de maître) pour « ouvrir le capot » de la technologie, et pour favoriser les échanges.
« Ma posture depuis le début a toujours été de créer le pont entre la tech et la création… l’idée, c’est justement de créer ce forum, de créer cette occasion de voir ce qu’il en est, de voir concrètement ce que ça fait, ce que ça ne fait pas », d’ajouter Brigitte Monneau.
Le message final des deux membres du C. A. est une invitation à l’audace : « Osez, venez ». Pour eux, même si l’IA peut susciter de l’inconfort, c’est précisément dans l’interaction humaine et la confrontation d’idées que se trouvent les solutions d’avenir.
Consultez le programme ici : lien
À noter que le concours Culturemania x E-AI vient de se terminer. Les 3 gagnants seront annoncés publiquement sous peu.


Très intéressant! Comment on peut participer au concours?