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Économie / Productivité / IndustrieTechnologies

Retarder l’action sur l’IA, c’est laisser les inégalités l’emporter

Auteur(e)

  • Chroniqueur, Culturemania et Futurmania | Co-développeur d'Expert Antifake | Créateur de TrustScan AI | Lauréat Cybertalent 2025

CHRONIQUE

L’intelligence artificielle (IA) n’est plus une promesse lointaine ou un scénario de science-fiction : c’est aujourd’hui le moteur d’une transformation radicale du marché du travail. Alors que le Forum économique mondial (Davos 2026) vient de clore ses discussions sur le « Grand Brassage » des emplois, le constat est sans appel la révolution est en marche, mais elle menace de laisser une partie de la population sur le bord de la route.

Entre gains de productivité records et anxiété croissante des travailleurs, comment le Québec et le reste du monde naviguent-ils dans ce nouveau paradigme ?

Le « Grand Brassage » : des chiffres vertigineux

Selon les dernières projections présentées à Davos, l’IA pourrait faire disparaître 92 millions de postes d’ici 2030 à l’échelle globale. Mais le tableau n’est pas uniquement sombre : parallèlement, elle devrait générer 170 millions de nouveaux emplois, offrant un bilan net positif de près de 78 millions de postes.

80 % des travailleurs (surtout les jeunes) pensent que l’IA va affecter leur travail sur une base régulière.

Pourtant, sur le terrain, l’inquiétude domine. Près de 60 % des employés pensent que l’IA éliminera plus d’emplois qu’elle n’en crée, et 51 % craignent personnellement pour leur gagne-pain.

Chez les jeunes générations, ce sentiment d’urgence est encore plus marqué : 80 % des travailleurs estiment que l’IA affectera leur quotidien professionnel, selon les résultats d’un sondage de Randstad.

L’érosion silencieuse des postes « juniors »

L’un des points les plus critiques soulevés cette année à Davos concerne l’accès au marché pour les nouveaux arrivants.
Aux États-Unis comme au Canada, la part des jeunes travailleurs (20-24 ans) décrochant des emplois dans les secteurs exposés à l’IA a chuté depuis 2023.

Pourquoi ? Parce que l’IA générative absorbe désormais les tâches de base rédaction de rapports, saisie de données, analyse préliminaire qui servaient autrefois de tremplin aux stagiaires et nouveaux diplômés.
Le risque est de voir apparaître un « fossé de l’expérience » où les débutants ne trouvent plus de porte d’entrée pour bâtir leur carrière.

La « Prime IA » : vers une nouvelle aristocratie du travail ?

Le marché du travail devient binaire. D’un côté, les fonctions répétitives subissent une pression à la baisse. De l’autre, une nouvelle élite de travailleurs hybrides émerge :
Une valeur ajoutée massive : Les travailleurs possédant des compétences en IA bénéficient d’une prime salariale moyenne de 56 % par rapport à des rôles équivalents.
L’explosion de la demande : Les offres d’emploi exigeant des compétences en IA croissent 38 % plus vite que la moyenne du marché.

Comme le soulignent plusieurs experts en sécurité gérée, l’IA ne remplace pas l’humain, mais l’humain qui maîtrise l’IA remplace celui qui ignore ces outils.

Le retour en force des « Soft Skills »

Paradoxalement, plus la machine devient performante, plus l’humain « pur » redevient précieux. Face à l’automatisation, trois piliers se démarquent pour rester compétitif :
La pensée critique : Savoir valider, nuancer et corriger ce que l’IA génère.
La créativité stratégique : Apporter l’étincelle originale et le jugement que l’algorithme ne fait que simuler.
L’intelligence émotionnelle : Les métiers du soin, de la gestion de crise et de la négociation humaine restent des remparts contre l’automatisation.

Comment ne pas laisser les inégalités l’emporter ?

Pour éviter une fracture sociale majeure, les dirigeants réunis à Davos appellent à des mesures d’urgence :
Reconversion massive : On estime que 40 % des travailleurs auront besoin de formation supplémentaire d’ici 2027.
Filets sociaux et politiques publiques : Des leaders comme Jamie Dimon (JPMorgan) insistent sur la nécessité de soutenir les travailleurs déplacés pour éviter une instabilité économique.
Rôle des entreprises : La mise en place de programmes de formation interne n’est plus un luxe, mais une condition de survie pour conserver ses forces vives.

L’ère de l’adaptabilité

En 2026, l’impact de l’intelligence artificielle sur l’emploi est une réalité tangible, à la fois disruptive et génératrice d’opportunités. Le succès ne dépend plus des acquis passés, mais de la capacité à se réinventer dans un monde où l’agilité est devenue la compétence reine.


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