Des groupes se mobilisent pour la souveraineté numérique au Québec
Un nouveau joueur fait son entrée dans l’écosystème numérique québécois. Annoncée par Paul Allard lors de l’événement Datavore, la création de Données souveraines Québec (DSQ) vise à structurer et renforcer la gouvernance des données dans la province, alors que les enjeux liés à l’intelligence artificielle et à la souveraineté numérique prennent de l’ampleur. L’annonce survient quelques jours après le lancement par Qlub d’une campagne de sociofinancement visant à soutenir le réseau social québécois, ainsi que des chaînes d’information pour les médias et communautés voulant s’affranchir des GAFAM.
À l’origine de cette initiative, Paul Allard, président de Persévère Conseils, souhaite rassembler des organisations québécoises autour d’un objectif commun : mieux encadrer l’utilisation des données considérées désormais comme un actif stratégique.
« Dans un monde où l’intelligence artificielle est de plus en plus omniprésente, la maîtrise des données est devenue un enjeu central de gouvernance, de compétitivité et de souveraineté », a-t-il affirmé lors de l’annonce, en présence de Culturemania. « Nous lançons l’appel à tous ceux qui le voudraient de s’impliquer ou manifester leur intérêt pour une adhésion », a-t-il confié à notre rédaction, lors de Datavore, événement du Réseau Action TI tenu le 17 mars 2026.
« Plutôt que de nous demander si nous avons les moyens de nous doter d’une souveraineté numérique, demandons-nous si nous avons les moyens de ne pas le faire. » – Stéphane Le Boyonnec
« Plutôt que de nous demander si nous avons les moyens de nous doter d’une souveraineté numérique, demandons-nous si nous avons les moyens de ne pas le faire », a lancé Stéphane Le Boyonnec, sous-ministre du ministère de la Cybersécurité et du Numérique, lors des échanges.

Questionné par notre rédaction à savoir si la position que son gouvernement adopte et manifeste, à travers ses divers projets de loi, impliquait de soutenir des initiatives comme le réseau social québécois Qlub, le sous-ministre a maintenu que des chantiers étaient en cours pour étudier la question et soutenir un écosystème plus favorable et en phase avec des valeurs nationales.
Pendant ce temps, rappelons qu’une pétition lancée par les instigateurs de Qlub, il y a quelques jours, circule sur le Web, sommant les élus du gouvernement du Québec à « Cesser les publications officielles sur les réseaux sociaux étrangers » ; « Établir une politique de communications publiques souveraines » ; « Réinvestir dans l’écosystème informationnel québécois » ; et « Donner l’exemple comme institution publique ».
Elle fait suite à l’indignation populaire face à la décision de Radio-Canada de rendre certains contenus disponibles sur Prime Video, et à la publication maladroite du ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, faite sur le réseau contesté X, pour dénoncer le choix du diffuseur public. Notons que Radio-Canada a reculé depuis.
« Le Gouvernement du Québec parle de culture, d’identité québécoise et de souveraineté numérique. Pourtant, une grande partie des communications publiques continue d’être diffusée sur des plateformes étrangères comme X, Facebook, Instagram ou LinkedIn », soutient-on chez Qlub, qui vient également de lancer 17 campagnes de sociofinancement à travers le programme La Ruche, en vue de déployer des chaînes d’information régionales partout dans la province.

Une voix collective pour influencer les politiques
Le regroupement DSQ entend pour sa part jouer un rôle actif auprès des gouvernements et des décideurs publics. DSQ prévoit notamment publier prochainement un manifeste qui analysera les risques pesant sur la souveraineté numérique du Québec.
Ce document devrait formuler des recommandations concrètes pour permettre un meilleur contrôle des renseignements personnels, des données sensibles et de la propriété intellectuelle.
Au-delà de ce manifeste, l’organisation souhaite instaurer un dialogue structuré entre les acteurs du milieu et les autorités publiques, tout en favorisant le développement de bonnes pratiques en matière de gouvernance des données.
Mobiliser l’écosystème numérique
Données souveraines Québec lance également un appel à l’adhésion, invitant les organisations publiques et privées à se joindre au mouvement. L’objectif : bâtir une approche collective, responsable et durable de la gestion des données.
Parmi les premiers cofondateurs figurent notamment des représentants de Persévère Conseils, ORIO Cloud, RTEdge et WikiSuite.
Une première assemblée au printemps
Le regroupement tiendra sa première assemblée générale au printemps. Celle-ci permettra de définir les bases de l’organisation, notamment sa mission, sa structure de gouvernance et son plan d’action pour la première année.
À consulter également :
Conférences de Chloé-Anne Touma et Philippe Larose Cadieux à FediMTL, tenu le 24 février 2026
