Désinformation : un outil d’IA québécois mise sur la souveraineté numérique
SECTION : FUTURMANIA / SÉCURITÉ
Peut-on confier à une intelligence artificielle locale le soin d’évaluer la crédibilité de l’information en ligne ? C’est le défi que relève TrustScan IA, un outil développé au Québec par Houssem Cherif, récemment récompensé d’un Trophée CyberTalent 2025 pour son innovation technologique. Culturemania a pu découvrir la version bêta de cette application lors d’une démonstration privée.
Pensé comme un chatbot d’analyse de contenu, TrustScan IA vise à offrir un repère fiable face à la prolifération des fausses nouvelles. Le projet s’adresse autant aux journalistes qu’aux milieux de l’éducation et au grand public, dans un contexte où la vérification de l’information devient un enjeu démocratique majeur.
« TrustScan IA est une solution qui repose sur l’intelligence artificielle souveraine pour lutter contre la désinformation. Le but? Classifier et faire l’analyse sémantique des contenus des sites Web, en se fondant sur des sources officielles jugées fiables, telles que les flux RSS », explique son concepteur, Houssem Cherif.
Un parcours entre télécoms, cybersécurité et IA
Formé en informatique en Tunisie, Houssem Cherif a d’abord travaillé dans le secteur des télécommunications avant de s’établir au Québec, où il a complété un DEP en soutien informatique. Aujourd’hui spécialisé en cybersécurité et en intelligence artificielle, il développe des solutions axées sur des problématiques contemporaines comme la souveraineté numérique, la protection des données et la désinformation.
Comment fonctionne TrustScan IA ?
L’outil analyse les contenus — textes, images ou vidéos — à partir d’une URL soumise par l’utilisateur. Les informations détectées sont ensuite comparées à celles provenant de médias reconnus comme légitimes, afin de produire un score de crédibilité.
« C’est une IA locale et souveraine, dans la mesure où elle ne repose sur aucune API propriétaire existante, ni sur les modèles Gemini ou ChatGPT (…) » – Houssem Cherif
Le système repose sur une série de critères précis. « Quatre éléments mènent au résultat : 1) le format de la structure éditoriale, 2) l’aspect logique et la cohérence, 3) l’analyse comparative et la corroboration par d’autres articles du flux RSS, et 4) le test sémantique. »
Une approche locale assumée
Contrairement à plusieurs solutions d’IA centralisées, TrustScan IA privilégie un traitement local des données, directement sur l’ordinateur de l’utilisateur, afin de limiter les risques liés à la confidentialité.
« C’est une IA locale et souveraine, dans la mesure où elle ne repose sur aucune API propriétaire existante, ni sur les modèles Gemini ou ChatGPT, mais bien sur Llama de Meta, un modèle open source pouvant être déployé et contrôlé localement », précise le développeur.
À plus long terme, l’hébergement de la solution est envisagé sur un serveur OVHcloud Canada situé au Québec, renforçant ainsi l’ancrage local du projet.
Une phase de test avant le lancement public
Le projet en est actuellement à une étape clé de validation auprès des premiers utilisateurs.
« Pour l’instant, le plus important est de mettre le site de réservation en ligne, et commencer à rencontrer les premiers utilisateurs qui vont tester le produit. Ensuite, si tout se passe bien sur le plan technique au printemps, le projet sera testé par plus de personnes, avant d’être lancé officiellement pour tout le monde », explique le lauréat du concours de l’École Cybersécurité.
D’ici là, les personnes intéressées à expérimenter TrustScan IA peuvent s’inscrire via le formulaire disponible à trustscania.vercel.app, afin d’être contactées pour participer à la phase d’essai.
