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SAAQclic, Gallant et nous : rendre durable la transformation numérique

Auteur(e)

  • Chroniqueuse, Culturemania & Futurmania | Doctorante chercheuse at UQAC | M.Sc. Transformation numérique durable / audit de gestion de la transformation numérique

Quand j’écoute la réaction du public et des médias depuis la sortie du rapport de la Commission Gallant le 16 février 2026, ce qui me frappe d’emblée, ce n’est pas seulement l’ampleur des critiques favorables, mais la qualité des questions que nous commençons enfin à poser!

Dans La Presse, Stéphanie Grammond évoque un « fiasco SAAQclic qui pourrait être très payant » en citant et en offrant le lien vers le mémoire que j’avais déposé à la Commission, en octobre dernier. Elle affirme ainsi « payant » non pas financièrement, évidemment, mais politiquement et institutionnellement — si nous acceptons d’en tirer de véritables leçons. C’est précisément ce qui m’interpelle.

« (…) on ne parlera plus seulement de contrats mal ficelés ou de dépassements budgétaires. On parlera davantage de culture organisationnelle, on parlera davantage, également, de reddition de compte en temps réel. »

À Grand Angle, Hélène Buzetti a mis le doigt sur l’essentiel de mon propos en citant également mon mémoire, en affirmant qu’ : « Il ne s’agit pas d’avoir uniquement des génies de l’informatique. Ce qu’il faut, c’est une capacité interne. Une capacité d’apprendre en cours de route, de s’ajuster, de ne pas rester prisonnier d’une logique de reddition après coup. » Cette idée est fondamentale, parce qu’elle déplace le débat. Elle le fait passer d’une vision techno-centrée de la transformation numérique à une vision capacitaire, où l’humain et son expérience avec le numérique est pris en compte dès les amorces d’un projet. De là, on entre dans la transformation numérique durable, au sens où on prend d’abord en compte le facteur social et de gouvernance de la transformation numérique. Ainsi, on ne parlera plus seulement de contrats mal ficelés ou de dépassements budgétaires. On parlera davantage de culture organisationnelle, on parlera davantage, également, de reddition de compte en temps réel. 

« Le rapport Gallant (…) a offert à la société québécoise le miroir institutionnel d’une maturité numérique faible et d’une littératie numérique défaillante de l’État. »

Le rapport Gallant a certes créé un moment de vérité, en nommant un chat un chat. Qui plus est, il a offert à la société québécoise le miroir institutionnel d’une maturité numérique faible et d’une littératie numérique défaillante de l’État. Il s’agit là pourtant des deux dimensions essentielles à prendre en compte, avant de penser à intégrer quelque nouvelle technologie que ce soit.

La question maintenant est simple : allons-nous renforcer les capacités internes de l’État, transversalement, durablement, ou allons-nous nous contenter d’ajustements périphériques avec d’autres plans stratégiques?

Si nous choisissons la première voie, alors oui, le fiasco aura été payant.
Sinon, il ne sera qu’un précédent documenté de plus dans notre difficulté à gouverner le numérique. Et cette fois, l’excuse de l’inexpérience ne tiendra plus.


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