Quantique responsable : une émission pour inclure la voix de la population
Comment faire participer la société civile aux projets de recherche et d’innovation en quantique? Quel rôle doivent jouer les politiques dans l’encadrement de la recherche? Comment s’assurer de partager équitablement les retombées économiques de son développement? Pour cet épisode de « Ça change la vie », l’émission où l’on vous montre les impacts concrets de la science et de l’innovation sur votre vie, Chloé-Anne Touma et son équipe tentent d’orienter une recherche en quantique qui soit responsable, accessible et équitable, et vous font découvrir le projet Dialogues quantiques, porté par des chercheurs de l’Institut quantique de l’Université de Sherbrooke.
Anticiper pour ne pas subir : les impacts humains et sociétaux de la recherche en quantique

Anticiper pour ne pas subir : les impacts humains et sociétaux de la recherche en quantique. C’est le thème de cet épisode de Ça hange la vie, offert en rediffusion sur les tribunes lesconnecteurs.ca et culturemania.ca. Réunissant des représentants de la société civile, du milieu de l’éducation, de la vulgarisation scientifique, et des scientifiques, l’émission tournée à l’Institut quantique de Sherbrooke s’est déployée en trois axes : 1) la recherche responsable et ses retombées sociales ; 2) la recherche accessible et vulgarisée ; 3) la recherche équitable et ses retombées économiques. L’émission était coanimée par Chloé-Anne Touma, rédactrice en chef de Les Connecteurs et Culturemania, et créatrice de Ça change la vie, et par Karl Thibault, coordonnateur des Opérations et développement de la relève à l’Institut quantique de l’Université de Sherbrooke, et coordonnateur du projet Dialogues quantiques.

La prise de parole des citoyens et des jeunes

Les invités Isabelle Lacroix, Julien Chosson, Marie-Hélène Laprise, Mathieu Juan, Mélissa Greene et Mona Louis-Jean ont abordé les préoccupations soulevées à travers diverses consultations et comités au cours du projet Dialogues quantiques, tout en répondant aux questions et pistes de réflexion amenées par les participants du voxpop, qui ont répondu à l’appel lancé par l’équipe Ça change la vie. Parmi eux, les membres de l’organisme Cyber Hygiénique, soit Bolivar Louis, Maynia Charlemagne et Sybille Bertulie Abeille, et les étudiants du Cégep St-Jean-sur-Richelieu du cours « Perspectives de l’économie appliquée » de Caroline Gagnon : Charles-Étienne Ruel, Danyk Dulude et Deborah Damoah. Ces étudiants, issus du profil Gestion des organisations et environnement économique en sciences humaines, ont impressionné par leur maturité et la profondeur de leur réflexion, tout comme l’organisme Cyber Hygiénique, interviewé par notre journaliste de terrain Roodelin Charlotin.
Axe 1 : Une recherche responsable ancrée dans l’humain

L’enjeu majeur de la recherche responsable est de ne plus « subir » l’innovation, mais de l’orienter activement selon les besoins de la société. Cette approche mise sur une inclusion radicale, en intégrant dès la phase de conception des groupes historiquement marginalisés, tels que les femmes et les personnes racisées, afin qu’ils participent à la gouvernance et aux opportunités d’emploi. Au-delà des percées techniques, l’objectif est de former une relève dotée d’un esprit critique aiguisé, capable d’analyser les systèmes complexes bien au-delà du cadre scientifique. Face aux inquiétudes liées à la cybersécurité, les experts prônent non pas un ralentissement des travaux, mais une accélération de la compréhension des menaces pour mieux s’en protéger.

Axe 2 : Briser la tour d’ivoire par une vulgarisation accessible

Pour que le public devienne un véritable acteur de cette transition, la science doit sortir de son jargon mathématique, souvent perçu comme une barrière infranchissable. Des initiatives comme Curieux quantique s’efforcent de traduire ces concepts abstraits en un langage imagé, sans pour autant en sacrifier la rigueur. Les discussions soulignent l’importance de maintenir la curiosité dès le milieu collégial en favorisant des stages d’initiation et du mentorat, transformant ainsi la perception de la science, de la « magie » vers un outil concret et compréhensible. Le rôle du chercheur évolue également : il doit désormais être un communicateur proactif, soutenu par des structures qui facilitent le dialogue direct avec les citoyens.

Axe 3 : Pour une économie équitable

La crainte d’une nouvelle fracture technologique entre les grandes puissances et le reste de la population est au cœur des réflexions économiques. Afin d’éviter que les retombées ne profitent qu’à une élite financière, des chefs de file industriels comme IBM prônent un écosystème ouvert, offrant des formations gratuites et un accès à distance aux ordinateurs quantiques pour les chercheurs et les PME locales. L’équité repose sur une responsabilité partagée : les gouvernements doivent légiférer, les entreprises adopter des guides de bonnes pratiques, et les citoyens exercer une pression pour orienter le développement. Alors que l’« avantage quantique » est imminent, l’urgence est de s’assurer que la recherche sociale ne soit pas distancée par la vitesse fulgurante de l’innovation technique.

« Je suis rassurée de voir que des groupes d’experts, de chercheurs, entreprises prennent le temps de réfléchir aux avenues que la quantique pourrait amener », a commenté une invitée du public, avant de demander aux chercheurs du Projet Dialogues quantiques comment on pouvait s’impliquer dans le projet de recherche et prendre part aux échanges comme citoyenn(e) ou entrepreneur(neuse).


