[ÉDITO] E-AI : Quand on se retrousse les manches
J’attends chaque édition d’Entertain-AI (E-AI) avec la même impatience. Comme ce party annuel dont tout le monde parle, et où l’on arrive toujours un peu trop tôt. Comme le prochain Hunger Games, dont la bande-annonce, lâchée par Lionsgate un an avant sa sortie, en dévoile juste assez pour nous faire languir.
Cette fois-ci, l’attente pour E-AI a quelque chose de similaire. J’y suis un an à l’avance, suspendue dans l’intervalle. Parce que la précédente édition n’a pas seulement marqué l’année : elle a laissé une impression durable, le genre qui vous accompagne longtemps après la dernière page, et parce que l’édition 2026 promet d’aller encore plus loin dans l’expérience, la démonstration, l’interaction et l’inclusion.
Parce qu’au-delà du divertissement, il y a de grandes questions et inquiétudes : l’avenir des créateurs et de la culture, des produits que nous consommons, des processus créatifs, l’écart de maîtrise et d’accès aux nouveaux outils numériques, les biais et l’encadrement éthique et légal qu’il faut faire atterrir, sans pour autant empêcher le progrès et l’émergence de nouveaux mouvements créatifs.
« (…) il vaut toujours mieux soutenir le progrès et l’innovation que tenter de les freiner. Les freins n’arrêtent jamais vraiment le mouvement ; ils le déplacent, souvent au mauvais endroit. »
Cette attente est aussi traversée par une responsabilité pleinement assumée : celle d’y prendre part, activement, en se « retroussant les manches » — le thème officiel de cette édition d’Entertain-AI. Pas pour accompagner le mouvement en surface, ni pour jouer les freins par réflexe, mais pour être là où ça se passe, où ça se pense, où ça se confronte, où ça s’ajuste à la réalité, pour vivre l’IA en création, vous montrer du concret, contribuer franchement, questionner sans détour. Parce qu’en un an, le marché, lui, n’a attendu personne.
Cette posture s’impose naturellement, à l’endroit précis où j’évolue depuis des années : au croisement de la culture et de la technologie. Un territoire tantôt stimulant, tantôt complexe, mais essentiel. Là où une conviction s’est installée avec le temps : il vaut toujours mieux soutenir le progrès et l’innovation que tenter de les freiner. Les freins n’arrêtent jamais vraiment le mouvement ; ils le déplacent, souvent au mauvais endroit.
Soutenir, toutefois, ne signifie pas suivre les yeux fermés. Encore moins avancer sans boussole. Les balises éthiques ne sont pas des obstacles à l’innovation, elles en sont la condition de crédibilité. Les réclamer, les préciser, les questionner fait partie intégrante du rôle, surtout quand tout évolue à vitesse grand V.
Et déjà, dans Culturemania cette semaine, les entrevues offrent un aperçu éclairant de la vision des acteurs de l’écosystème, sinon de l’actuel conseil d’administration d’E-AI, et des orientations qui se dessinent. Une vision qui cherche à rester arrimée aux réalités du terrain.
C’est précisément dans cet espace-là que le dialogue devient indispensable : là où la stratégie rencontre le réel, où l’innovation gagne à être accompagnée, mais jamais soustraite aux questions qui comptent.
Finalement, j’attendais cette édition d’E-AI comme un enfant au moment de déballer les cadeaux à Noël : avec impatience, des idées plein la tête, et l’envie de deviner ce qui se cache sous le papier. On anticipe, on se fait parfois divulgâcher une surprise… mais on espère quand même le passage du lutin farceur. Celui qui déjoue les attentes, qui déplace les repères, qui en met plein la vue. Parce qu’au fond, on veut tout savoir à l’avance, et être surpris quand même! Cette fois, le lutin farceur n’est pas seulement là pour jouer : il a déplacé certains cadeaux, mélangé les indices et semé des énigmes. Résultat? Il faut se retrousser les manches pour découvrir la surprise, pour comprendre ce qui compte vraiment, et transformer cette attente en action. On veut se challenger, et repartir avec de quoi se mettre réellement au travail…
